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Bourse. Analyse financière des groupes cotés à la BRVM

Mercredi 02 Octobre 2019 - PAR bourse news


 

Dans sa dernière lettre Vernimmen.net propose une analyse financière des groupes cotés à La Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM). Création de richesse, rentabilité, investissement, financement… les 45 groupes cotées à la BRVM d’Abidjan sont passés au crible. Panorama.

 

Si la capitalisation boursière de la BRVM est de 6,7 Md €, le retrait des banques réduit ce chiffre à 4,2 Md €. La capitalisation boursière moyenne est de 140 M €, mais ce chiffre est moins significatif que celui de la médiane (31 M €), en raison du poids très important de Sonatel, filiale de Orange, opérateur téléphonique du Sénégal, de la Guinée, de la Guinée Bissau et de la Sierra Leone, qui fait 38 % de la capitalisation boursière de la BRVM et 60 % de celle de notre échantillon.

En ajoutant la capitalisation de Onatel, l'opérateur téléphonique du Burkina Faso, on atteint 70 %. Ces entreprises font partie de la zone « franc CFA », ce qui veut dire que la monnaie qu'elles utilisent est liée à l'euro par une parité fixe de 655,957 F CFA pour un euro.

La dernière dévaluation remonte à 1994, et depuis 2011, la zone UEMOA bénéficie d'un taux de croissance nettement supérieur au reste de l'Afrique et a une inflation de type européenne, bien inférieure à celle enregistrée sur le reste du continent.

 


Création de richesses


Le chiffre d'affaires cumulé des entreprises de l'échantillon est de 6,35 Md € en 2018 (dont un quart pour Sonatel), en croissance annuelle de 5,5 % depuis 2013, soit moins que le taux de croissance de la zone, qui est de 6,6 % en volume en 2017 et 2018, auquel on doit ajouter 1 % d'inflation pour le rendre comparable. Et ce alors que Sonatel a crû plus vite sur la période : + 6,6 %.

Les sociétés cotées sont donc plutôt à maturité, plutôt qu'en forte croissance.

Les entreprises cotées de l'Afrique de l'Ouest font apparaître une très grande diversité de taille : les 20 % les plus grandes (par les ventes) font 71 % du chiffre d'affaires, 79 % du résultat d'exploitation et regroupent 30 % des salariés avec des chiffres moyens de : 900 M €, 107 M € et 2 220 personnes respectivement.

À l'inverse, les 20 % les plus petites font 1,1 % du chiffre d'affaires, 1 % du résultat d'exploitation et regroupent 2 % des effectifs globaux avec des chiffres moyens de : 14 M €, 1,1 M € et 131 personnes respectivement. Mais ces dispersions ne sont pas atypiques et s'observent souvent sur telle ou telle place boursière.

 


Financement


Les entreprises cotées de l'Ouest africain sont peu endettées avec des dettes nettes (1 074 M €) qui représentent 0,9 fois l'excédent brut d'exploitation 2018, en légère progression par rapport à 2013 (0,7) (et le tiers de l'actif économique comptable). 30 % de cette dette est de la dette à court terme nette des disponibilités de trésorerie, ce qui n'est pas petit.

Malgré la croissance en volume, et des marges d'exploitation qui n'ont rien d'exceptionnel, les flux de trésorerie disponibles après frais financiers sont largement positifs en raison de la faiblesse du BFR, dont la baisse sur la période a même permis de financer 15 % des investissements en immobilisations. Ces flux de trésorerie disponibles sont essentiellement utilisés pour verser des dividendes, ce que permet le faible niveau d'endettement de ces entreprises. Aussi, en agrégé, les capitaux propres sont stables.

 


Rentabilité


Avec une rentabilité économique (après impôt apparent, compris selon les années entre 28 % et 33 %) en baisse de 20 % en début de période, à environ 15 % en 2017 et 2018, les sociétés cotées sur la BRVM gagnent néanmoins plus que leur coût du capital, qui est de l'ordre de 12 %. Le surcroît de rentabilité économique obtenu par rapport au coût du capital moyen (environ 12 %) n'est pas très différent de celui obtenu par les sociétés européennes cotées, environ 2 % en 2019.

Par contre, ce qui est très différent, c'est la dispersion des taux de rentabilité obtenus : assez faible en Europe, forte en Afrique de l'Ouest, où la moitié de l'échantillon ne gagne pas son coût du capital, et où le quart en gagne au moins deux fois plus.

 


Investissements


L'actif économique des sociétés cotées de l'Ouest africain a crû parallèlement au chiffre d'affaires depuis 2013, ce qui montre sa bonne gestion. Son niveau inférieur de moitié au chiffre d'affaires est le témoin de la faible part tenue par l'industrie.

L'actif économique est représenté en quasi- totalité par les immobilisations, qui sont en croissance moyenne de 8 % par an depuis 2013, nourries par des investissements supérieurs en moyenne à 45 % de la dotation aux amortissements. C'est beaucoup pour une croissance en volume de l'échantillon de moins de 5 %, s'ils n'incluent pas aussi des investissements de productivité pour redresser les marges.

 


Conclusions tirées


"Avec des entreprises en croissance à très bonne rentabilité, même si elle est en baisse, on ne sera pas étonné de constater que ces entreprises sont valorisées à deux fois en moyenne leurs capitaux propres comptables. On peut penser que ces derniers sont relativement fiables avec une part des incorporels dont les goodwills, en hausse certes, mais qui plafonne à 25 %", expliquent les analystes.

La baisse des EBE, des résultats d'exploitation et des résultats nets depuis 2015, ainsi que celle des rentabilités, n'est pas sans impact sur les cours de bourse de l'indice BRVM 10 qui regroupe les dix valeurs les plus liquides : en septembre 2019, l'indice est revenu à son niveau de 2010 : Ces niveaux de valorisation font apparaître un multiple moyen de l'EBE 2018 de 4,6 ; un multiple du résultat d'exploitation 2018 de 7,8 et un PER 2018 de 10,9.

Autre point mentionner : la liquidité de la BRVM est faible et erratique. Une moyenne quotidienne de 335 M FCFA ou 0,5 M €, soit encore 0,01 à 0,02 % de la capitalisation boursière de la place, contre 0,3 % à 0,5 % sur les bourses européennes.

En effet, les flottants sont souvent réduits, d'autant que bon nombre de sociétés cotées sont des filiales de groupes internationaux : Bouygues, Orange, Prysmian, Hachette, Bolloré, Unilever, Nestlé, Air Liquide, CFAO, Total, Maroc Télécom, etc.

Enfin, Sonatel fait, à lui tout seul, environ les deux tiers des transactions, ce qui laisse une portion congrue aux autres groupes cotés.

 

Source : le numéro 171 de la Lettre Vernimmen.net.
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