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Départ du conseiller économique de la Maison blanche Gary Cohn

Mercredi 07 Mars 2018 - PAR

 

WASHINGTON (Reuters) - Le conseiller économique de la Maison blanche, Gary Cohn, a présenté mardi sa démission, une annonce qui intervient alors qu’il n’a pas pu dissuader Donald Trump de revoir son projet de taxes sur les importations américaines d’acier et d’aluminium.

Gary Cohn, 57 ans, l’un des principaux artisans de la réforme fiscale adoptée en décembre par l’administration Trump, est connu pour s’opposer aux partisans du protectionnisme au sein du gouvernement fédéral américain.

Des représentants de la Maison blanche ont expliqué que les désaccords liés aux droits de douane que Trump entend imposer sur les importations américaines d’acier et d’aluminium ont contribué à la décision de Cohn, mais ont affirmé que cela n’était pas la seule raison du départ de ce dernier.

“La plus grande mission (de Cohn) était la réforme fiscale, et il l’a fait adopter”, a souligné un représentant de la Maison blanche.

Cohn a annoncé sa décision à Trump mardi, mais les deux hommes discutaient depuis plusieurs semaines du départ du conseiller économique, a assuré une source au sein de la Maison blanche.

La Maison blanche a annoncé que la date du départ de Gary Cohn n’avait pas encore été fixée mais qu’il interviendrait dans les semaines à venir.

Donald Trump a dit mardi sur Twitter qu’il allait “prendre une décision bientôt” pour la succession de Cohn.

Peter Navarro, directeur du Conseil du commerce national, et l’analyste Larry Kudlow sont les “deux candidats principaux”, ont annoncé des représentants de l’administration.

Après l’annonce de la démission de Cohn, le dollar s’est affaibli et plusieurs experts ont fait part de leurs inquiétudes.

LES PROTECTIONNISTES ONT “PRIS LA MAIN”

“L’un des adultes de la maison est parti. Les marchés financiers vont se demander si ce n’est pas le signe que ces droits de douane vont effectivement être instaurés”, a réagi Paul Mortimer-Lee, économiste des marchés en chef chez BNP Paribas.

“Sans Cohn, à l’influence modératrice, les protectionnistes vont davantage pouvoir faire entendre leur voix auprès du président”, a-t-il ajouté.

Trump a annoncé la semaine dernière que les Etats-Unis imposeraient dès cette semaine des droits de douane de 25% sur les importations d’acier et de 10% sur celles d’aluminium afin de défendre une industrie sidérurgique américaine “décimée par des décennies de commerce inéquitable”.

Cette annonce du président américain est intervenue alors qu’un débat intense sur la question a divisé la Maison blanche, avec d’un côté Cohn et ses alliés, et de l’autre les partisans du protectionnisme, avec Navarro à leur tête.

Plusieurs républicains ont affirmé mardi qu’ils redoutaient les mesures de Trump.

“La probabilité d’assister à une guerre commerciale a augmenté de façon dramatique”, a affirmé Monica de Bolle, membre de l’Institut Peterson pour l’économie internationale, un groupe de réflexion. “Les économistes nationalistes ont certainement pris la main.”

Gary Cohn, ancien banquier de Goldman Sachs, aura été en poste à la Maison blanche pendant un peu plus d’un an.

“Cela a été un honneur de servir mon pays et de mettre en oeuvre des politiques économiques favorables à la croissance pour le bénéfice du peuple américain, en particulier l’adoption d’une réforme fiscale historique. Je remercie le président de m’avoir offert cette opportunité et lui souhaite, ainsi qu’à son gouvernement, de grands succès à l’avenir”, a-t-il déclaré dans un communiqué diffusé par la présidence.

 

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