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Comment décomposer 100 DH de dépenses alimentaires au Maroc ? La DEPF essaye d'y répondre.

Mardi 13 Juin 2017 - PAR bourse news

La Direction des Etudes et des Prévisions Financières (DEPF), relevant du ministère des Finances, vient de publier une étude pour répondre, entre autres, à cette question : A quoi correspondent 100 DH de dépenses alimentaires au Maroc ?


Cette étude adopte une approche macroéconomique inspirée des travaux de l’Observatoire Français de la Formation des Prix et des Marges des produits alimentaires relatifs à « l’euro alimentaire en France ». Elle vise à donner un ordre de grandeur des revenus générés dans l’ensemble de l’économie par les dépenses alimentaires. Il s’agit, en d’autres termes, de calculer, sur la base de 100 dirhams dépensés par le consommateur dans l’alimentaire, les parts respectives des valeurs ajoutées induites dans chaque branche intervenant directement ou indirectement dans la production alimentaire, la part qui sert à payer les importations d’aliments (importations finales) et d’intrants (importations intermédiaires) et celle qui est prélevée par l’Etat (taxes).


Ainsi, sur 100 dirhams de dépenses alimentaires entre 2007 et 2014 :


➢ Environ 32 dirhams reviennent à la branche liée à l’agriculture ;


➢ 19,3 dirhams à l’industrie alimentaire et tabac ;


➢ 2,3 dirhams à la pêche et aquaculture ;


➢ 12,6 dirhams au commerce ;


➢ Les autres branches d’activités, à savoir, le transport, les autres industries et les services


captent, dans un ordre respectif, 1 dirham, 4,6 dirhams et 0,9 dirham ;


➢ Les importations alimentaires finales et intermédiaires perçoivent 13,9 dirhams et 7,6


dirhams respectivement ;


➢ Le reste, l’équivalent de 6 dirhams est destiné à l’Etat sous forme de taxes.

 





Une meilleure distribution des richesses entre 2007 et 2014

Entre 2007 et 2014, la structure du dirham alimentaire a affiché des mutations positives marquées notamment par un renforcement du poids de l’agriculture et de l’industrie agroalimentaire dans la valeur ajoutée générée par la demande finale alimentaire, relève la DEPF. Ces évolutions se sont répercutées sur les importations des produits alimentaires finales et intermédiaires qui ont vu leur part baisser durant ces dernières années.

Cela dit, et bien que les réalisations récentes soient fort encourageantes, il existe des gains substantiels pour une valorisation optimale de l’offre agricole. Il est certes que les deux branches agriculture et industrie agroalimentaire sont devenues de plus en plus interdépendantes, synonyme de l’amorce d’un processus de valorisation des produits agricoles, mais, une telle évolution reste toujours faible, selon la DEPF.

En effet, la part de l’industrie agroalimentaire dans la dépense alimentaire ne représente que 0,6 fois la dépense en produits agricoles alors qu’elle est de 1,6 en France. Il existe donc un potentiel de croissance à exploiter. Le contrat-programme relatif au développement des industries agroalimentaires au Maroc, signé lors des assises 2017 de l’agriculture, s’inscrit parfaitement dans ce sillage et vise à accélérer l’intégration entre l’amont productif et l’aval de la transformation.



Comparaison
Il s’avère, à travers la lecture du graphique qui suit, que le dirham alimentaire au Maroc et l’euro alimentaire en France présentent des profils totalement différents.





La branche agriculture et pêche s’accapare plus de 34% de la dépense alimentaire au Maroc alors qu’elle ne présente que 8,2% en France. En revanche, la part de l’industrie alimentaire est plus importante en France qu’au Maroc puisqu’elle représente 1,6 fois la dépense en produits agricoles contre seulement 0,6 pour le Maroc. Ce chiffre relativement élevé en France dénote du soutien en aval du secteur primaire à la branche de l’industrie agroalimentaire, chose qui n’est pas observée au niveau de l’économie marocaine.

Une distinction avérée se manifeste également au niveau des services et du commerce. Ces deux derniers représentent respectivement une part de 1% et 12,6% dans la dépense alimentaire au Maroc contre, dans un ordre respectif, 14,6% et 19,8% en France. Parmi les éléments qui peuvent être avancés pour expliquer ces différences, il y a lieu de citer la forte interdépendance de l’agriculture et l’agroalimentaire en France. Les liaisons en amont et en aval entre ces deux secteurs génèrent, moyennant un effet multiplicateur, des activités dans toute l’économie, et particulièrement dans le commerce et les services.

Des écarts se manifestent par ailleurs au niveau des taxes. En effet, sur 100 dirhams de dépenses alimentaires, 6 dirhams reviennent à l’Etat sous forme de taxes, soit 6%. La part de ces dernières est plus prononcée en France et se chiffre à 9,2 euros.

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