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Maroc, CEDEAO et monnaie unique

Mercredi 06 Septembre 2017 - PAR bourse news


Vous étiez nombreux à réagir à notre sondage concernant l'intégration du Maroc dans la zone CEDEAO et l'instauration d'une monnaie unique dans la région. Voici quelques faits et précisions à ce sujet.




La demande du Maroc 
Le Maroc revient en force sur la scène africaine. Après avoir réintégré l'Union africaine, le Royaume se prépare à faire une entrée remarquée dans la zone CEDEAO. «Dans le contexte de la tournée royale en Afrique, et notamment dans certains pays d'Afrique de l'ouest, et sur les très hautes Instructions de sa majesté le roi Mohammed VI, que Dieu l'assiste, le Royaume du Maroc a informé, aujourd'hui, son excellence madame Ellen Johnson Sirleaf, présidente du Liberia et présidente en exercice de la communauté économique des Etats d'Afrique de l'ouest (CEDEAO), de sa volonté d'adhérer à cet ensemble régional en tant que membre à part entière », relevait un communiqué du ministère des Affaires étrangères en février dernier. Le 4 juin, la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a donné son accord de principe à une adhésion du Royaume. 

C'est pour quand ? 
En déplacement au Maroc le mois dernier, Marcel Alain De Souza, président de la commission de la CEDEAO, a expliqué que les dispositions juridiques et techniques sont en marche pour permettre au Maroc de devenir membre à part entière de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Selon lui, "la démarche de l’adhésion du Maroc à la CEDEAO est sur la bonne voie et va être confirmée lors de la prochaine session ordinaire de la Communauté, le 16 décembre prochain à Lomé". C'est donc pour décembre. 

Qu'implique cette adhésion ? 
Dans l'immédiat, d'un point de vue socioéconomique, l'adhésion du Maroc couvre la libre circulation des biens, des services, des personnes et des capitaux et l'établissement d'un tarif extérieur commun (TEC), ainsi que la mise en œuvre des accords de prévention des risques et des règles de bonne gouvernance et de démocratie. 

Et la monnaie unique ? 
L'idée d'une monnaie unique pour la zone CEDEAO n'est pas nouvelle. Cette décision a même été reportée à 4 reprises et bientôt 5. Car le groupe de travail présidentiel, mis en place par les Chefs d’État et de gouvernement des pays membres, avait examiné trois options pour une intégration monétaire en 2020. L'option 2, celle de l'intégration graduelle à partir de 2020, avait été retenue avant d'être petit à petit repoussée car les critères de convergence n'allaient pas être respectés par les pays concernés à cette échéance. Les autres options possibles étaient celles du Big-Bang (option 1) et de la masse critique (option 3). Les trois options sont expliquées un peu plus bas dans l'article. De Souza a récemment laissé entendre que l'introduction d’une monnaie unique pour la région sera de nouveau sur la table dans une dizaine d'années, soit autour de 2027. 

 

"On ne peut plus aller à une monnaie unique en 2020". De Souza, Août 2016. Abouja.
 

 

Qu'en sera-t-il du Maroc ? 
"Le Maroc s'engage à l'adhésion à une monnaie unique le jour où elle sera adoptée par la CEDEAO", a déclaré le président de la commission CEDEAO, citant un lettre Royale, lors de sa visite récente au Maroc.  Ainsi, l'option d'intégration de la zone économique sans intégrer la zone monétaire est à écarter. 

Comment fonctionne la région actuellement sur le plan monétaire ? 
Les 15 pays de la zone CEDEAO comptent 8 monnaies différentes. Le Franc CFA pour les 8 pays de l'UEMOA (Afrique de l'Ouest) et 7 autres monnaies pour chacun des autres membres. 


Lire aussi : La CEDEAO sollicite le HCP pour mieux étudier l'impact de l'adhésion du Maroc



Monnaie CEDEAO : Les 3 options 
Dans le contexte monétaire international actuel, une monnaie unique dans la CEDEAO offrirait aux pays d’Afrique de l’Ouest la possibilité de mutualiser leurs moyens monétaires afin de poursuivre leurs objectifs communs et individuels. En effet, les pays membres de la CEDEAO connaissent de graves problèmes monétaires d’origine externe, qu’aucun de ces pays n’est en mesure de résoudre tout seul, c'est ce qui motive le projet de monnaie unique. 
Le Groupe de travail présidentiel, en vue d’accélérer l’introduction de la monnaie unique, a recommandé l’adoption de l’Option graduelle (Option 2) après avoir examiné trois options. Cette option dit en substance que les pays membres qui respecteront les critères de convergence de premier rang avant 2020 participeront à la monnaie unique. Bien qu’elle semble être la plus prudente, l’Option 2 comporte aussi des risques, et notamment celui que l’échéance 2020 pour le lancement de la monnaie unique ne soit pas respectée. Les deux autres options examinées étaient le Big-Bang (Option 1) et la Masse critique (Option 3). Dans l’option du Big-Bang, tous les pays membres participeraient à la monnaie unique en 2020 et les pays qui ne respecteront pas les critères de convergence ex-ante les respecteront ex-post. Dans l’option de la Masse critique (Option 3), la monnaie unique sera lancée en 2020 si une masse critique de pays représentant au moins 75 % du PIB de la CEDEAO respecte les critères de convergence. Les options 1 et 3 ont été rejetées parce que le Groupe de travail a jugé que les risques d’instabilité macroéconomique associés étaient trop élevés. Mais comme signalé plus haut, même l'option 2 retenue a été reportée.  

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