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Pour les banques, 2021 sera une année à haut risque, prévient S&P

Mardi 17 Novembre 2020 - PAR

 

PARIS (Reuters) - L’année 2021 pourrait être la plus difficile depuis 2009 pour le secteur bancaire, le retrait progressif des mesures d’urgence prises par les Etats depuis le début de la crise du coronavirus risquant d’exacerber des risques que la reprise économique attendue ne suffira pas à dissiper, estime S&P Global Ratings dans une étude publiée mardi.

L’agence rappelle que les notes de crédit du secteur affichent pour l’instant un biais clairement négatif puisque pour un tiers environ des établissements qu’elle suit, elle sont dans une perspective négative, qui implique un risque de dégradation.

S&P Global a pris au total 236 décisions sur des notes de banques depuis le début de la pandémie, dont environ 23% d’abaissements et 76% de révisions à la baisse des perspectives.

Or, explique l’agence, “le retour des systèmes bancaires dans le monde aux niveaux d’avant le COVID-19 sera lent, incertain et très variable selon les zones géographiques”.

Dans certains pays, dont les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l’Allemagne et la France, le retour au niveau d’avant-crise pourrait ainsi attendre 2023.

Parmi les principales menaces à court terme, S&P évoque entre autres celle d’une hausse des défaillances d’entreprises et celle de dégâts plus lourds qu’anticipé dans le secteur immobilier.

Et l’agence souligne le rôle délicat des autorités monétaires et budgétaire, entre le risque de laisser les banques porter seules un lourd fardeau de créances et celui de favoriser “l’aléa moral”, c’est-à-dire d’inciter les établissements de crédit à assouplir les critères d’octroi de crédit ou à sous-évaluer les risques.

S&P ne prévoit en outre pas de modification de l’environnement de taux d’intérêt, dont le niveau historiquement faible continuera de peser sur les marges d’intérêt, obligeant les banques à prendre des initiatives.

“Celles qui seront en mesure d’entreprendre des changements structurels, parmi lesquels la réduction des coûts et la numérisation, souffriront moins”, explique l’étude, ajoutant qu’une rentabilité “médiocre” favorise un nouveau cycle de consolidation, notamment en Europe.

Concernant les banques françaises, S&P Global Ratings estime que “les fondamentaux restent sains” mais note que le plan de relance du gouvernement implique “une hausse supplémentaire de l’endettement souverain comme de celui d’une partie des ménages et de nombreuses entreprises”.

“Cela pourrait augmenter leur vulnérabilité si la reprise économique prend du retard, ce qui mettrait à l’épreuve la résilience des banques et leur bilan”, ajoute-t-elle.

 

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