Jeudi 04 Novembre 2021

Budget 2022 : Des hypothèses jugées optimistes

Budget 2022 : Des hypothèses jugées optimistes
  • Bien que les cours des matières premières et énergétiques retenus pour l’élaboration du projet ont été révisés à la hausse, les dernières évolutions enregistrées principalement sur le marché de l’énergie laissent présager des pressions plus importantes sur les prix. 

 

« Le Projet de Loi de Finances (PLF) 2022 regroupe l’ensemble des piliers nécessaires pour la reprise économique post-crise Covid 19, avec une vision stratégique, inspirée des orientations du Roi Mohammed VI ». C’est l’une des affirmations d’un rapport sur le projet de Loi de Finances 2022 élaboré par CDG Capital Insight et signé par l’économiste Ahmed Zhani.

Ce PLF s’insipre également des recommandations du rapport sur le Nouveau Modèle de Développement (NMD), pour une croissance durable et inclusive, ciblant le soutien des secteurs productifs et pourvoyeurs d’emplois stables.

 

Des hypothèses optimistes

« Compte tenu de la dissipation de l’effet de base sur la croissance économique nationale et des tensions en cours sur les marchés des matières premières et énergétiques, les hypothèses retenues nous semblent optimistes », affirme-t-on dans le rapport.

Le PLF 2021 s’articule sur une consolidation de la reprise économique aussi bien au niveau national, particulièrement pour la composante non agricole du PIB, qu’au niveau international, notamment chez nos partenaires commerciaux.

« Toutefois, bien que les cours des matières premières et énergétiques retenus pour l’élaboration du projet ont été révisés à la hausse, les dernières évolutions enregistrées principalement sur le marché de l’énergie laissent présager des pressions plus importantes sur les prix ».

Ainsi, au niveau national après la reprise importante du PIB de 5,6% estimé pour l’année 2021, en résultat principalement du résultat exceptionnel de la campagne agricole 2020/2021, avec une production céréalière de 103 millions de quintaux et une reprise en « V » de la composante non agricole de 3,8% estimé pour 2021 contre –5,8% enregistré en 2020, la croissance réelle prévue pour l’année 2022 s’élève à 3,2% sur la base d’une récolte céréalière moyenne de 80 millions de quintaux, générant ainsi, une régression de 0,7% de la composante agricole et un léger essoufflement des activités non agricoles en liaison avec la dissipation de l’effet de base relatif au choc covid19 enregistré en 2020.

Pour ce qui est de la demande, le PLF semble également optimiste malgré la détérioration du pouvoir d’achat des ménages et la situation difficile des finances publiques pour accompagner le programme ambitieux d’investissement du gouvernement. A cet égard, CDG Capital relève que le PLF 2022 table sur une consolidation de la reprise de la demande des ménages, principal emploi de la croissance économique nationale, de 3,8% en GA soutenu par les transferts des MRE et l’amélioration des revenus agricoles et non agricoles, un léger essoufflement de l’investissement mesuré par la formation brute de capital fixe (FBCF), et ce en dépit des efforts de relance et la volonté des pouvoirs publics de renforcer l’investissement public et, troisièmement,  une demande étrangère toujours déficitaire malgré la hausse prévue des exportations hors phosphate et dérivés.

« S’agissant des prix des matières premières et énergétiques, l’orientation des prix en 2022 semble globalement défavorable avec la forte reprise de la demande face à une pénurie de l’offre, particulièrement sur le marché de l’énergie, comme en témoigne l’évolution récente du prix du baril de pétrole qui a dépassé le seuil de 80 dollars avec des perspectives haussières ».

 Dans ces conditions, et sur la base d’une croissance nominale du PIB de 4,4%, dont 3,2% de croissance réelle et 1,2% d’inflation, l’Etat vise à réduire légèrement le déficit budgétaire de 0,3% à –5,9% du PIB en 2022 contre -6,2% estimé pour l’exercice en cours, un niveau mieux que celui fixé par la Loi de finances 2021 de 6,5% du PIB grâce à des recettes fiscales encaissées plus que prévues.

 

Une bonne nouvelle sur le solde ordinaire

En dépit de la poursuite de la hausse tendancielle des dépenses ordinaires ainsi que l’accroissement prévu des investissements au titre du budget général, le solde ordinaire passant de -10 MrdDH estimé pour l’année budgétaire en cours à un excédent de 1,4 MrdDH prévu pour l’exercice 2022.

Ce redressement de l’équilibre ordinaire s’explique par une reprise importante des recettes fiscales, notamment les deux composantes directe et indirecte. La hausse de 21% des impôts directs à 97 MrdDH s’explique par la montée en puissance de recettes de l’IS de 35% et de l’IR de 8,2% en liaison respectivement avec les résultats importants des entreprises estimés pour l’année en cours et le potentiel de recrutement du secteur formel en 2022.

Pour ce qui est des impôts indirects la hausse devrait être moins importante avec une augmentation prévue de 9,8% en glissement annuel, couvrant un accroissement de 10,7% pour la TVA, principalement celle à l’importation de 19,1%, et de 7,7% pour la TIC. Parallèlement, les dépenses ordinaires devraient poursuivre la hausse, accentuée par la crise covid19, notamment les charges de fonctionnement avec une augmentation prévue de 5,8% couvrant un accroissement de 5,5% de la masse salariale et de 5,1% pour les dépenses au titre des biens et services et les charges de la compensation prévues en accroissement de 3 MrdDH compte tenu de la hausse des prix des produits subventionnés bien que cette hausse pourrait être dépassée en résultats des tensions récentes sur les marchés internationaux. S’agissant des investissements, l’enveloppe a été révisée à la hausse de +10 MrdDH reflétant la volonté des pouvoirs publics de maintenir une politique budgétaire contracyclique en cette période de crise.

Il est à préciser que ce nouveau projet propose d’annuler le report des lignes d’investissement engagées, et ce contrairement à la Loi de finances organiques qui autorise un report limité à un tiers du montant global de l’engagement.

Par conséquent le déficit public au titre de l’année 2022 devrait rester quasi-stable en nominal autour de 73 MrdDH, enregistrant ainsi, une légère régression en % du PIB à 5,9% contre 6,2% estimé pour l’année 2021.

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