Mardi 26 Janvier 2021

Covid-19: vite, un vaccin pour l'économie marocaine !

Covid-19: vite, un vaccin pour l'économie marocaine !

    ►Plus de 8 entreprises sur 10 ne prévoient pas d'investir en 2021.

    ►La moitié des entreprises craignent une situation d'insolvabilité. 

    ►Très faible utilisation des mesures d'accompagnement mises en place par le gouvernement. 

 

 

 

Le HCP vient de boucler, en janvier, sa troisième enquête concernant les effets du Covid-19 sur l'activité des entreprises et les résultats montrent, comme on pouvait s'y attendre, que la pandémie laisse des séquelles profondes chez nos entreprises nationales. Cette enquête montre en effet que si effort d'investissement il y a un en 2021, il ne pourra venir que de l'Etat car la crise Covid-19 a eu un impact significatif sur le moral des chefs d’entreprises et sur leur vision en matière d’investissement.  En effet, près de 81.1% des entreprises ne prévoient aucun projet d’investissement en 2021, 3.9% entrevoient une baisse du niveau d’investissement alors que 6.4% anticipent une augmentation en 2021.


Par catégorie, 10.9% des grandes entreprises sont optimistes et anticipent une augmentation du niveau d’investissement en 2021. Cette proportion est de 8.3% chez les PME et 5.4% pour les TPE.

 

L'Énergie, l'agro-alimentaire et la chimie et parachimie sont épargnés

Près de 19% des entreprises opérant dans le secteur de l’énergie prévoient une augmentation de leurs investissements en 2021. Ce taux est de 12% pour les entreprises qui exercent dans le secteur des industries agro-alimentaires et 11% pour celles qui opèrent dans les industries chimiques et parachimiques. 

En revanche, la proportion des entreprises, qui ne prévoient aucun projet d’investissement, dépasse 80% dans les industries du textile, les industries électriques & électroniques, l’hébergement et restauration et les activités immobilières.

Les grandes entreprises ont jusqu'à 6 mois de cash en réserves 
Nous ne sommes pas tous égaux quand il s'agit de trésorerie. Selon les résultats de l’enquête, 40% des entreprises ont déclaré ne pas disposer de réserve de trésorerie quand 8% ont une réserve permettant de tenir moins d’un mois. Par catégorie, 25% des grandes entreprises disposent de réserves qui peuvent tenir plus de 6 mois, cette proportion est de 14% chez les PME et 11% seulement pour les TPE.  


 

Selon l’ancienneté des entreprises, les résultats de l’enquête révèlent que 44% des entreprises âgées de moins de 10 ans n’ont aucune réserve de trésorerie. Cette proportion est de 38% chez les PME et 36% pour les GE de la même tranche d’âge.

Les effets de la crise sur la trésorerie des entreprises restent hétérogènes par secteur d’activité, commente le HCP. Au deuxième semestre 2020, 54% des chefs d’entreprises de l’hébergement-restauration déclarent ne pas avoir de réserve de trésorerie et 9% ont une réserve de moins d’un mois. L’impact est également important dans le secteur de la construction où 46% des entreprises n’ont aucune réserve de trésorerie et 12% disposant d’une réserve de moins d’un mois. 

A l'inverse, les secteurs qui montrent un peu plus de résilience face à cette crise sont ceux de l'énergie et de l’enseignement et santé humaine, avec respectivement 24% et 27% des entreprises disposant d’une réserve de plus de 6 mois.

 

Près de la moitié des entreprises craignent une situation d’insolvabilité 

Au terme du second semestre 2020, environ un quart des chefs d’entreprises anticipent un risque sévère d’’insolvabilité contre 32% qui ne prévoient aucun risque. Pour la moitié environ des TPME, l’insolvabilité représente un risque sévère à modéré contre 35% chez les GE.

Concernant l'emploi, Selon les résultats de l’enquête, 37.5% des entreprises organisées ont déclaré que leurs effectifs employés auraient connu une diminution au deuxième semestre 2020 par rapport à la même période 2019, alors que 2.0% des entreprises auraient connu une augmentation de leurs effectifs durant cette période.

 

Mesures d’accompagnement: le compte n'y est pas

Face à la pandémie du COVID-19, le Maroc a mis en place un ensemble de mesures d’accompagnement pour soutenir le tissu économique et assurer la survie des entreprises, notamment le report des échéances de crédits pour les entreprises en difficulté, le report des échéances fiscales et d’autres mesures de soutien visant la préservation de l’emploi et de la trésorerie des entreprises. Mais selon le HCP, une faible proportion d’entreprises a bénéficié des mesures d’accompagnement. En effet, seulement 16% des entreprises déclarent avoir bénéficié des prêts garantis par l’Etat.

Dans le détail, la proportion des entreprises déclarant avoir bénéficié du report des échéances de crédits est de 18%. Selon les secteurs d’activité, une entreprise sur cinq a bénéficié d’un report des échéances de crédit dans le secteur du commerce, transports et entreposage, industries électriques & électroniques et des industries métalliques et mécaniques.

Les entrepreneurs bénéficiant de ces mesures de financement sont moyennement satisfaits. En effet, la moitié d’entre eux estiment que ces mesures ont contribué à l’amélioration de la situation de leurs entreprises. Par catégorie, ce sentiment de satisfaction est un peu faible au niveau des TPE (44%) par rapport aux PME et aux GE (58%).

 

Les résultats de l’enquête révèlent que 13,7% des entreprises ont déclaré avoir bénéficié du report des échéances fiscales dans le contexte de crise, cette proportion s’élève à 17,6% chez les GE, 15,8% pour les PME et 12,6% chez les TPE.

Par ailleurs, la proportion des entreprises en arrêt temporaire qui ont bénéficié d’allègements fiscaux est de 12.8% pour le report des échéances fiscales et 8.8% pour l’exonération et réduction des droits et taxes.

 

L’objectif principal de l’enquête dans sa troisième édition est d’apprécier l’évolution de l’activité des entreprises au cours de la période de juillet à décembre 2020, la comparer avec celle de la même période avant la crise pour s’enquérir du niveau de performance des entreprises en quête du rythme normal d’activité.

L’enquête vise de plus, à identifier les défis que les entreprises ont dû relever durant ce deuxième semestre 2020 pour la reprise d’activité, à évaluer l’efficacité des mesures destinées à soutenir la trésorerie des entreprises impactées par la crise sanitaire et à identifier les stratégies adoptées par les entreprises pour s’adapter au nouveau contexte sanitaire.

Cette enquête, menée via la collecte assistée par tablette et téléphone du 22 au 30 décembre 2020, a été réalisée auprès d’un échantillon de 3600 entreprises organisées représentant l’ensemble des unités opérant dans les secteurs de l’industrie manufacturière, de la construction, de l’énergie, des mines, de la pêche, du commerce et des services marchands non financiers.

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